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Plus de 2 300 affaires présumées d’achat de voix dans le cadre des élections locales
À l’approche des élections locales de novembre, le Bureau du Procureur Général de Taïwan a indiqué que, selon ses statistiques arrêtées au 19 octobre, les autorités judiciaires avaient enregistré 6 415 affaires d’atteinte à la régularité des élections. Parmi celles-ci, 2 302 concernaient des faits présumés d’achat de voix, représentant environ 35,9 % de l’ensemble des affaires enregistrées. Par ailleurs, 53 affaires ont été enregistrées pour des violations présumées de la loi anti-infiltration. Les affaires récemment examinées montrent que les méthodes présumées de corruption électorale ne se limitent plus à l’achat traditionnel de voix au moyen d’argent liquide. Certaines affaires portent sur l’utilisation de repas, de coffrets-cadeaux ou d’autres avantages pour obtenir le soutien des électeurs. D’autres impliquent même la combinaison de ressources provenant d’organisations caritatives, de budgets des assemblées et de structures locales. Par exemple, le parquet du district de Hualien enquête sur une affaire d’achat présumé de voix impliquant Wang Mei-kuei (王玫瑰), cheffe du canton de Xiulin, et son mari, Hu Chih-min (胡智民). L’enquête a révélé que Hu Chih-min aurait profité d’un banquet organisé à l’occasion d’un anniversaire pour offrir gratuitement un repas à des électeurs et aurait également distribué des enveloppes contenant entre 1 000 et 2 000 dollars taiwanais (soit entre 27 et 54 euros environ) lors de déplacements. Le parquet du district de Taichung enquête, quant à lui, sur un candidat aux élections municipales soupçonné d’avoir utilisé des intermédiaires électoraux pour distribuer des coffrets de nids d’hirondelle à des électeurs en échange de leur soutien. Enfin, à Changhua, le parquet du district enquête également sur une affaire dans laquelle le président du conseil du comté est soupçonné d’avoir utilisé les fonds publics du conseil pour organiser des banquets dans le but d’acheter des voix. Concernant le versement des récompenses accordées aux personnes signalant des achats de voix, le Bureau du Procureur Général a indiqué que, depuis les élections des représentants des collectivités locales de 2022 jusqu’au 21 septembre de cette année, un montant cumulé de 161 443 748 dollars taïwanais (soit environ 4,4 millions d’euros) avait été versé à ce titre.

Élections locales et risque d'ingérence chinoise : les renseignements taïwanais enquêtent sur près de 100 dossiers
À un peu plus d'un mois des élections locales, qui auront lieu à Taïwan le 28 novembre prochain, des universitaires mettent en garde contre l'utilisation par la Chine d'outils à bas coûts basés sur l'intelligence artificielle pour diffuser de la désinformation dans le but de diviser la société taïwanaise et d'attiser les conflits. Le directeur du Bureau de la sécurité nationale, Tsai Ming-yen (蔡明彥), a déclaré aujourd'hui devant le Parlement que la stratégie d'ingérence chinoise visait une « ingérence électorale de précision » et que les renseignements enquêtaient actuellement sur près de 100 cas divisés en différentes formes d'ingérence électorale : « Concernant ces ingérences électorales, le Bureau de la sécurité nationale a déjà recensé près de 100 cas. Nous collectons activement les preuves nécessaires et nous espérons les transmettre aux autorités judiciaires pour les besoins de l'enquête avant les élections. » Le Bureau de la sécurité nationale a ainsi recensé le financement illégal de groupes ou de candidats, l'organisation de visites touristiques comme moyen de manipulation, la distribution de billets d'avion à bas prix pour inciter les hommes d'affaires taïwanais résidant en Chine à rentrer à Taïwan pour aller voter, la diffusion de désinformation ou de propos controversés, l'exploitation des paris illégaux pour influencer les élections ainsi que les cyberattaques et le vol de renseignements électoraux.

Élections locales: la Chine intensifie son ingérence par l’IA selon la sécurité nationale
À l’approche des élections locales qui se tiendront le 28 novembre, des sources liées à la sécurité nationale mettent en garde contre ce qu’elles qualifient de « guerre de front uni par l’IA » menée par la Chine. Selon ces sources, les stratégies de manipulation observées lors de ces élections locales correspondent aux éléments révélés par des médias étrangers au sujet de documents issus de la société chinoise GoLaxy (中科天璣). Ces documents montrent que la partie chinoise collecte de manière systématique des données sur les comptes en ligne et les registres de domiciliation des habitants de Taïwan. Elle utilise ensuite des systèmes d’intelligence artificielle pour répartir les Taïwanais en quatre catégories : les personnes intransigeantes, les personnes bienveillantes, les indécis et les personnes objectives. La propagande ou la narration d’attaque sont ensuite élaborées en fonction de chacune de ces quatre catégories (Audience Segmentation). Les sources liées à la sécurité nationale distinguent quatre caractéristiques de cette “guerre d’influence”. La première consiste en l’élaboration de récits sur mesure, adaptés à chaque groupe cible. La deuxième repose sur la personnalisation et l’infiltration des « chambres d'écho », ces environnements informationnels où les opinions sont renforcées du fait de l'interaction avec des pairs les partageant. De faux comptes particulièrement réalistes affichent alors habituellement des opinions similaires à celles de leur public cible ; puis, lors d’événements précis, ils publient des propos extrémistes afin de créer de la division. Selon ces sources, le troisième objectif est de réduire la volonté de participer à la vie politique. Les partisans de différents courants politiques sont ciblés par des récits dévalorisants. Enfin, le quatrième procédé consiste à fabriquer des informations pour attiser les controverses liées à diverses questions de société. Les sources ont également indiqué que l’examen de la plateforme de réseaux sociaux Threads permettait de constater que de nombreux comptes, semblant appartenir à des Taïwanais, étaient en fait rattachés à des numéros de téléphone étrangers lors de leur inscription.

Taïwan accuse la Chine d'interférer dans les élections suite à des sanctions visant la famille du candidat Puma Shen
La commission ministérielle des affaires continentales (MAC) a accusé hier Pékin de tenter d'interférer dans les élections taïwanaises après que la Chine a annoncé des sanctions contre une autre entreprise liée au père de Puma Shen (沈伯洋), candidat du DPP à la mairie de Taipei. Dans un communiqué, la commission a déclaré que Pékin utilisait des récits médiatiques ciblés visant à « étiqueter certains camps politiques et candidats et exercer une pression économique » pendant la campagne électorale. Une « tentative malveillante claire visant à contraindre la société taïwanaise et à interférer dans nos élections démocratiques ». La réaction de la commission intervient après que le porte-parole du Bureau chinois des affaires taïwanaises Chen Binhua (陳斌華) a annoncé des sanctions visant VWAY Co., Ltd., une entreprise liée à Shen Tu-cheng (沈土城), le père du Puma Shen. L'entreprise a l'interdiction d'opérer en Chine ou de faire des affaires ou coopérer avec des entreprises, des organisations ou des individus basés en Chine. Taipei a précisé que les nouvelles sanctions suivaient le même schéma que celles imposées contre l'entreprise du père de Puma Shen l'année dernière. Chen Binhua a accusé Shen d'agir contre la Chine et de faire obstacle aux échanges interdétroit tout en travaillant avec ses proches à chercher des moyens de profiter du marché chinois, affirmant que la Chine « n'autoriserait jamais des compagnies associées à des séparatistes indépendantistes irréductibles de Taïwan de profiter du Continent ». Une référence à l'inclusion, en octobre 2024, du député Puma Shen dans la liste des « séparatistes indépendantistes irréductibles de Taïwan », l'interdisant lui et sa famille de se rendre en Chine, à Hong Kong ou à Macao. Le bureau de campagne de Puma Shen a réagi hier, affirmant que de telles actions ne permettraient pas au Bureau chinois des affaires taïwanaises de gagner la confiance de la population taïwanaise, ajoutant que son rival, le maire KMT de Taipei Chiang Wan-wan (蔣萬安) du Kuomintang (KMT), avait la même opinion. Par ailleurs, le Bureau chinois des affaires taïwanaises a accusé Puma Shen de ne pas souhaiter participer, s'il était élu, à l'annuel Forum Taipei-Shanghai. Puma Shen a répondu qu'il soutenait l'organisation du Forum de cette année et qu'il y participerait en cas de victoire, pourvu qu'il n'y ait pas de précondition politique et que l'événement offre des bénéfices tangibles, notamment en matière de commerce.

Elections locales: la MAC déclare que 7 des 25 candidats d’origine chinoise seraient inéligibles
A l’approche des élections locales du 28 novembre, la commission ministérielle des affaires continentales (MAC) a annoncé le 1er octobre que 25 candidats inscrits sont d’origine chinoise. Parmi ces 25 candidats, quatre n’ont pas encore fourni de preuve attestant de leur radiation de registre familial en Chine. Sept ont fourni une attestation mais leur radiation du registre n’a pas encore atteint 10 ans. Liang Wen-chieh (梁文傑), le porte-parole de la MAC, a souligné que toute participation aux élections doit être conforme aux dispositions pertinentes de la loi électorale, de la loi anti-infiltration et de celle sur la sécurité nationale. Rappelons qu’en avril dernier, la MAC a interprété que la mention «être inscrit au registre de famille à Taïwan depuis au moins 10 ans» de l’article 21 de la loi sur les relations entre les deux rives du détroit signifie qu’après avoir remis aux autorités compétentes l’attestation de perte de leur statut sur le registre familial en Chine, les ressortissants chinois enregistrés à Taïwan ont atteint une durée de 10 ans. Ce délai de 10 ans court à compter de la date à laquelle la personne concernée a remis l’attestation aux autorités compétentes taïwanaises.

Taiwan Go Go réclame une révision de la loi électorale pour inscrire les antécédents judiciaires des candidats sur les bulletins électoraux
Ces dernières semaines, plusieurs candidats aux élections locales ont vu leurs antécédents judiciaires révélés par Taiwan Go Go. L’alliance a tenu hier une nouvelle conférence de presse pour demander au Yuan législatif de modifier, au cours de la session législative actuelle, la « Loi sur l’élection et la révocation des fonctionnaires » afin d’ajouter aux bulletins électoraux une rubrique consacrée aux antécédents judiciaires. Les données de Taiwan Go Go révèlent que, parmi les 1 502 candidats à des postes de conseillers, 129 ont fait l’objet d’une condamnation pénale ou ont déjà été mis en accusation, soit environ 8,6 %. Parmi les 81 candidats aux postes de maires de comté ou de ville, 9 sont concernés, tandis que parmi les 14 053 candidats aux postes de chefs de village ou de quartier, 107 présentent quant à eux des antécédents judiciaires pertinents. En 2023, le New Power Party, membre de Taiwan Go Go, avait déjà proposé une modification de l’article 47 de la "Loi sur l’élection et la révocation des fonctionnaires”, mais les dispositions relatives à la divulgation des antécédents judiciaires des candidats n’avaient finalement pas été retenues. Wang Wan-yu (王婉諭), présidente du New Power Party, a de nouveau appelé le Yuan législatif à modifier rapidement l’article 47 en ce sens. Elle a également demandé aux groupes parlementaires du Kuomintang (KMT), du Parti démocrate progressiste (DPP) et du Parti populaire taïwanais (TPP) de répondre si oui ou non, les électeurs ont le droit de connaître les antécédents judiciaires des candidats. L'alliance, constituée de plusieurs petits partis politiques dont le New Power Party, le Taiwan Statebuilding Party, le Taiwan Obasan Political Equality Party et le parti Vert, prévoit de continuer de publier les antécédents judiciaires des candidats. Elle devrait notamment divulguer ceux des candidats se présentant aux postes de maires et des conseillers des communes et des villages, ainsi que ceux des députés actuellement en fonction au Yuan législatif.

Taiwan Go Go révèle les antécédents judiciaires des candidats aux élections locales de novembre
Taiwan Go Go (台灣前進陣線) a lancé ce 24 septembre un site internet visant à améliorer la transparence sur les candidats aux élections locales du 28 novembre prochain. L'alliance, constituée de plusieurs petits partis politiques dont le New Power Party, le Taiwan Statebuilding Party, le Taiwan Obasan Political Equality Party et le parti Vert, a récemment rendu publiques les données relatives aux antécédents judiciaires de 107 candidats. Les infractions électorales sont les plus nombreuses (36 cas), suivies par les détournements de fonds et les fausses déclarations concernant des fonds publics (21 cas), puis des violences et menaces (21 cas). Viennent ensuite la conduite en état d’ivresse, la conduite sous l’emprise d’alcool et de stupéfiants et les accidents de la circulation (8 cas), et enfin les infractions sexuelles, le harcèlement, notamment le stalking, avec 7 cas. La présidente du New Power Party, Wang Wan-yu (王婉諭), a expliqué que le lancement de ce « bulletin électoral citoyen » faisait suite au cas de Wang Jian-sheng (王健陞), candidat dans l’arrondissement de Neihu à Taipei, qui avait été condamné définitivement à une peine d’un an et dix mois pour tentative de viol : « Les chefs de village et de quartier disposent des coordonnées et des informations de contact des habitants. Ils se rendent aussi très souvent au domicile de personnes âgées vivant seules ou de familles vulnérables. Pour un poste aussi important, si les électeurs ne peuvent pas connaître à l’avance le parcours et les antécédents des candidats, ils ne disposent alors pas d’une bonne base pour prendre une décision et déposer leur bulletin. Si l’on se contente de consulter le bulletin électoral officiel, on ne peut pas obtenir ces informations. » Sur les 107 candidats possédant des antécédents judiciaires, Kaohsiung en compte le plus grand nombre, avec 22 candidats, suivi de New Taipei (17) et de Tainan (11). Chen Chih-ying (陳峙穎), candidat du New Power Party au conseil municipal de Taipei, a indiqué qu’il y avait au total 14 100 candidats aux postes de chefs de village et de quartier à Taïwan et a appelé le public à signaler les éventuelles données manquantes ou erronées.

Près de 20 000 candidats pour les élections locales de novembre, dont 26 conjointes chinoises
Suite à la clôture des inscriptions pour les élections locales du 28 novembre prochain, Michael You (游盈隆), président de la Commission centrale des élections (CEC), a annoncé hier 7 septembre que 19 695 candidats brigueraient les 11 051 sièges à pourvoir. Ce chiffre est légèrement inférieur à celui des dernières élections locales il y a quatre ans (130 candidats de moins). Parmi eux, 26 sont des conjointes chinoises de Taïwanais, soit 7 de plus que lors des dernières élections. Selon la CEC, il s’agit d’une variation minime. La CEC et les comités électoraux des supermunicipalités achèveront la vérification de l'éligibilité des candidats d'ici au 16 octobre prochain. A noter que ces élections concernent neuf échelons, notamment les chefs de quartiers, les conseillers municipaux, les maires et les gouverneurs de comtés. Lors de ce scrutin, les électeurs seront aussi amenés à se prononcer sur un référendum sur un éventuel renoncement à la sortie du nucléaire, qui a été récemment validé par la CEC. Cette dernière a rejeté les propositions de référendum sur l’introduction de la flagellation comme peine judiciaire et sur l’utilisation des amendes de contravention routières pour améliorer la sécurité routière.

Puma Shen et Su Chiao-hui officialisent leurs candidatures à Taipei et au Nouveau Taipei
À un peu plus de 80 jours du scrutin, les candidats du Parti démocrate progressiste (DPP) aux mairies de Taipei et du Nouveau Taipei ont officialisé leur candidature ce mercredi 2 septembre. À Taipei, Puma Shen (Shen Bo-yang 沈伯洋) s'est enregistré en présence de l'ancienne présidente Tsai Ing-wen (蔡英文), qui lui offre un appui symbolique de taille. Puma Shen a promis de faire de Taipei une capitale mondiale au rang de Tokyo, Séoul ou Londres, dénonçant la persistance de problèmes de maltraitance infantile, de circulation, d'hygiène et d'urbanisme sous l'administration actuelle. Il affrontera le maire actuel aux urnes, Chiang Wan-an (蔣萬安, KMT), qui a annoncé briguer un second mandat. Dans le Nouveau Taipei, Su Chiao-hui (蘇巧慧) s'est enregistrée à la tête d'une équipe réunissant 36 candidats au conseil municipal : « Au terme de mon mandat, j'espère faire de cette ville, qui était connue comme “un bon endroit pour les gens locaux, et une terre d'accueil pour ceux qui viennent de l’extérieur”, le premier choix des Taïwanais pour s'établir, et une ville que tout étranger devrait visiter au moins une fois dans sa vie. C'est notre espoir, notre idéal pour le Nouveau Taipei. » La candidate a présenté plusieurs engagements sociaux et urbains, dont la gratuité des consultations médicales et vaccins pour les 0-6 ans, la réservation d'une partie des logements sociaux aux jeunes couples ou jeunes parents avec enfants, une garde de nuit, une aide de 50 000 NTD (environ 1 370 euros) pour les prothèses dentaires des personnes âgées, ainsi que le développement des secteurs technologique, médical et logistique. Elle fera face au candidat du KMT Lee Shu-chuan (李四川), qui a annoncé qu'il déposera formellement sa candidature le 4 septembre, et qui a rappelé que pour l'instant, il a l'avantage dans les sondages. L'inscription de sa candidature aux élections locales de novembre 2026 est ouverte depuis le 31 août et jusqu'au 4 septembre ; aujourd'hui, de nombreux candidats et candidates de partis différents se sont inscrits dans tout Taïwan, parfois accompagnés de personnalités importantes.

Elections locales 2026 : près de 20 millions d'électeurs dont plus de 600 000 primo-votants
Alors que les élections locales du 28 novembre 2026 approchent à grands pas, la Commission centrale des élections a annoncé aujourd'hui que 19,65 millions d'électeurs pourraient voter lors du scrutin, dont plus de 600 000 primo-votants. Le scrutin de novembre doit permettre de choisir 11 051 élus à différents niveaux (direction des comtés, des supermunicipalités et des villes mais aussi conseils municipaux, communes et quartiers) dans 9806 circonscriptions. Selon le président de la Commission You Ying-lung (游盈隆), près de 250 000 personnes seront mobilisées pour organiser le scrutin dans les 18 244 bureaux de vote, un nombre qui pourrait dépasser les 300 000 personnes si les référendums sont organisés le même jour que les élections locales. Notons que le Parlement a, jusqu'ici, approuvé trois propositions de référendum concernant la légalisation de flagellation pour certains crimes, la reprise de la production d'énergie nucléaire et l’utilisation des amendes pour améliorer la sécurité routière.